Thierry Lacoste, avocat et ancien conseiller du prince Albert II de Monaco, a comparu devant un tribunal d'instruction dans le cadre d'un scandale de corruption lié à l'effondrement d'un important projet de construction, a rapporté l'agence de presse DPA.
Le juge a ouvert une procédure pénale à son encontre pour suspicion de constitution d'une association de malfaiteurs, de corruption d'un agent public, d'abus de pouvoir et de blanchiment d'argent. Lacoste a depuis été remis en liberté conditionnelle.
Lacoste, ancien camarade d'école et conseiller juridique d'Albert, a été arrêté le mercredi 2 septembre. Sa garde à vue a été prolongée à deux reprises après son interrogatoire. L'avocat nie les accusations et est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.
Lacoste a déclaré avoir été accusé par un important promoteur immobilier, mécontent de ne pas s'être vu attribuer plusieurs projets à Monaco. La défense soutient que cet homme d'affaires tente d'instrumentaliser le système judiciaire monégasque à son profit.
L'affaire concerne le projet de l'Esplanade des Pêcheurs, un vaste projet d'aménagement comprenant des zones résidentielles et commerciales, un musée et des infrastructures pour la Formule 1. La suspension du projet a engendré un litige juridique de plusieurs années entre les autorités monégasques et un promoteur privé. Dans ce cadre, l'État monégasque a été condamné à verser au promoteur environ 136 millions d'euros d'indemnités (hors intérêts).
Le scandale impliquant d'anciens proches du prince Albert a éclaté en 2021 suite à la publication d'un dossier anonyme. Quatre anciens conseillers du prince, connus sous le nom de « G4 », ont été accusés de détournement de fonds et de tentatives de prise de contrôle de Monaco.
Ils ont, quant à eux, affirmé que le promoteur immobilier susmentionné exerçait une influence sur les décisions des autorités monégasques.
En juin 2025, une surveillance judiciaire a également été mise en place à l'encontre de Didier Linot, ancien président du Tribunal suprême de Monaco. Il était accusé de corruption, de blanchiment d'argent et d'abus d'influence.
Ce scandale a également affecté la formation du gouvernement. À l'été 2025, le chef du gouvernement nouvellement nommé a démissionné une semaine avant sa prise de fonctions, déclarant avoir subi des tentatives d'entrave à l'exercice de ses fonctions.
Monaco est critiquée depuis des années pour son insuffisance de lutte contre le blanchiment d'argent et la criminalité financière.
En 2025, la Commission européenne a inclus Monaco dans la liste des pays présentant des carences stratégiques dans ce domaine.








