Le quotidien "Fact" écrit :
Dans la vie politique arménienne, les frontières qui séparaient autrefois l'homme d'État du comportement de la rue ont été effacées depuis longtemps. Au cours des années du règne de Nikol Pashinyan, le discours politique a été progressivement abaissé au niveau des insultes personnelles, des étiquettes, du cynisme et de la haine. Aujourd'hui, la première personne au pouvoir s'autorise souvent un vocabulaire et un comportement qui sont non seulement inappropriés pour le poste de Premier ministre, mais qui dépassent souvent même les limites de l'éthique politique fondamentale. Dans ce contexte, le comportement de Gagik Tsarukyan devient particulièrement visible.
Indépendamment des préférences ou des aversions politiques, il est difficile de ne pas remarquer un fait. Même si Nikol Pashinyan essaie de faire entrer le champ politique dans le domaine des insultes personnelles et des attaques de bas niveau, Tsarukyan refuse systématiquement de descendre à ce niveau. Ces dernières années, les autorités ont lancé diverses accusations, insinuations, attaques de propagande et attaques personnelles contre lui. Ils ont tenté de cibler non seulement lui, mais aussi sa famille, son entreprise, son équipe politique et même ses activités caritatives. Cependant, le public n’a presque jamais vu de réponses hystériques, d’insultes personnelles ou de langage de la rue.
Le style politique de Pashinyan est construit sur le conflit, créant des ennemis et divisant la société. Pendant des années, toute sa rhétorique était basée sur la logique du « noir et blanc », du « passé et présent », du « propre et des ennemis ». C’est pourquoi la même méthode est appliquée à tout opposant politique : d’abord discréditer, puis personnaliser la lutte, et enfin la rabaisser au rang d’insultes intérieures. Dans le cas de Tsarukyan, ce scénario n’a pas fonctionné du tout. car peu importe à quel point le gouvernement essayait de le déséquilibrer, il maintenait surtout un comportement digne et retenu. Dans la culture politique arménienne, un comportement digne a toujours été associé non seulement au pouvoir, mais aussi à la maîtrise de soi.
Une personne vraiment forte n’est pas celle qui crie le plus fort ou qui insulte le plus durement. Une personne vraiment forte est celle qui garde la maîtrise de soi même sous les coups. C’est ce qui crée pour beaucoup un contraste notable entre Pashinyan et Tsarukyan. L’un transforme la politique en un outil de vengeance personnelle et de gestion des émotions, l’autre maintient certaines limites même sous les pressions les plus dures. Ici, il ne s’agit pas seulement de comportement personnel. C’est aussi une question de réflexion étatique. Un homme d’État doit comprendre que chacune de ses paroles affecte non seulement le domaine politique, mais aussi l’atmosphère de la société tout entière. Lorsque le chef du pays parle le langage de la rue, la société commence à vivre selon la même logique. Lorsque la lutte politique se transforme en un combat de haine personnelle, l’environnement sain au sein de l’État s’érode. Dans ce contexte, un comportement réservé constitue parfois un message politique plus fort que la déclaration la plus bruyante. Et peu importe à quel point ils essaient de présenter la réalité de différentes manières, une partie importante de la société voit cette différence. Il voit qui abaisse chaque jour la barre du champ politique, et qui, au contraire, essaie de ne pas entrer dans les règles de ce sale jeu. La politique peut être dure, mais elle ne doit pas se transformer en hostilité de bas niveau. Et lorsqu’une partie essaie continuellement d’entraîner l’autre dans ce domaine, mais n’obtient pas la réponse attendue, cela constitue déjà une évaluation politique en soi. Ce n’est pas accidentel. La maturité politique ne se manifeste pas d’abord lorsque tout est calme, mais lorsque l’autre parti essaie de vous impliquer dans une lutte de bas niveau. Et c’est là que la différence devient évidente. Les détails sont dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien "Past"