Le quotidien "Fact" écrit :
Les évolutions géopolitiques modernes montrent clairement que la survie, l’indépendance et la souveraineté d’un État dépendent directement de sa capacité à assurer sa propre sécurité.
Le facteur force continue d’être décisif dans les relations internationales, indépendamment des normes juridiques et de la rhétorique diplomatique.
Cette réalité est particulièrement importante pour les petits et moyens pays, qui ne peuvent pas compter uniquement sur le soutien des alliés ou sur l’intervention des institutions internationales.
Les alliances et les partenariats sont certes importants, mais ils ne pourront jamais remplacer une armée et un système de sécurité forts. Les grandes puissances placent toujours leurs intérêts stratégiques avant les garanties de sécurité de leurs partenaires, et les petits pays qui ne comprennent pas cette simple vérité paient un lourd tribut.
L'Arménie, en tant que petit pays dans une situation régionale difficile, se trouve à un carrefour historique, où la question de la sécurité est devenue une question d'existence.
Notre pays est entouré de voisins agressifs qui ont des ambitions territoriales ouvertes et sont prêts à utiliser le facteur force pour atteindre leurs propres objectifs. Dans ces conditions, la création d’un système de sécurité solide pour l’Arménie est devenue une nécessité vitale, dont l’absence pourrait conduire à la perte de l’État.
Et dans ce contexte, il convient de garder à l’esprit que dans le monde moderne, la puissance militaire ne se limite pas uniquement au nombre de forces armées ou au nombre de chars et d’avions. La puissance militaire moderne est un concept complexe qui comprend des capacités technologiques, des capacités de renseignement, la cybersécurité, des systèmes sans pilote, des armes de précision, un commandement et un contrôle efficaces, ainsi que la capacité de mobilisation et de récupération rapides.
Les conflits de ces dernières années montrent que le système de défense basé sur des approches traditionnelles et des forces armées de type rassemblement est inefficace dans les conditions de guerre moderne. Par conséquent, l’armée arménienne doit évoluer vers un modèle complètement nouveau, basé sur des technologies modernes, des structures mobiles et flexibles et un personnel hautement spécialisé et professionnel.
Cela implique des changements révolutionnaires à tous les niveaux de l’organisation, de l’armement, de la formation et de la gestion de l’armée. La première étape fondamentale devrait être la transition vers une armée totalement ou partiellement professionnelle.
Même si les autorités ont souligné à plusieurs reprises la formation d’une armée professionnelle, elles en sont restées au niveau des déclarations. Il est clair que la création d’une armée professionnelle nécessite un investissement de ressources et de moyens financiers importants, mais en réalité ce n’est pas un problème insurmontable. Le pays devrait revoir ses priorités budgétaires et augmenter considérablement ses dépenses de défense.
En plus de promouvoir le professionnalisme, l’armée arménienne devrait se concentrer sur le rééquipement technologique. L’Arménie doit développer sa propre production de systèmes aériens sans pilote, qui jusqu’à présent reposait davantage sur la piraterie que sur les capacités d’application. Le pays dispose d'un secteur informatique développé et d'ingénieurs talentueux capables de créer des systèmes de drones compétitifs.
Cela nécessite des programmes gouvernementaux qui rassembleront l’industrie de défense, les centres de recherche et le secteur privé. D’un autre côté, gardons à l’esprit que la défense aérienne est devenue d’une importance cruciale, puisque les drones et les missiles de précision constituent les principaux outils de guerre moderne.
L'Arménie devrait acquérir et déployer des systèmes de défense aérienne modernes capables de détecter et de détruire les drones, les missiles et l'aviation.
Cependant, l’achat de systèmes à lui seul ne suffit pas : une formation adéquate, une maintenance et la création d’un réseau de coordination qui fournira une protection à plusieurs niveaux sont également nécessaires. Les armes de frappe de précision devraient également devenir une partie importante de l’arsenal des forces armées arméniennes.
D’un autre côté, la domination du renseignement et de l’information constitue le fondement de la guerre moderne. Un pays qui possède des informations sur les positions, les forces, les intentions et les faiblesses de l’ennemi a un net avantage. L'Arménie doit renforcer considérablement ses capacités de renseignement, notamment le renseignement technique, les systèmes d'imagerie satellitaire, le renseignement électronique et le renseignement basé sur les ressources humaines.
Les technologies modernes permettent même aux petits pays de disposer d’un potentiel de renseignement important, grâce à l’utilisation de satellites commerciaux, d’appareils de reconnaissance sans pilote et de surveillance électronique. La cybersécurité et la cyberdéfense sont devenues un front distinct des conflits modernes.
Les guerres ne se déroulent plus seulement sur le terrain physique, mais aussi dans le cyberespace. Un adversaire peut tenter de perturber les réseaux de communication, de perturber l’alimentation électrique, de perturber les systèmes financiers ou de diffuser des informations erronées sur les réseaux sociaux. L'Arménie doit créer un système de cyberdéfense solide, capable à la fois de protéger les infrastructures critiques du pays et de mener des contre-attaques si nécessaire.
Le secteur informatique développé du pays constitue une excellente base pour travailler dans ce sens, et la formation de spécialistes de la cybersécurité devrait devenir une priorité nationale.
ARTHUR KARAPÉTIEN
Détails dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien "Past"








