Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a accusé Israël de tenter de déstabiliser la Syrie, affirmant que les frappes israéliennes régulières entravent le redressement du pays, rapporte l'AFP.
"La Syrie donnait de l'espoir à la région et au monde entier, et soudain un acteur apparaît qui cherche à déstabiliser le pays. Vous connaissez le nom de cet acteur, Israël", a déclaré Fidan lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères Asad al-Shaibani à Damas.
Selon le ministre turc, la politique israélienne constitue « l'obstacle le plus sérieux » à des changements positifs en Syrie. Il a cité l'attaque contre la base aérienne abandonnée d'Abu-Dukhur, dans le nord-ouest du pays, comme l'un des derniers exemples.
Israël a frappé la base aérienne le mois dernier, affirmant qu'elle visait à empêcher le déploiement de soldats turcs là-bas. Ankara a nié que des responsables turcs aient visité les installations.
Israël a mené des centaines de frappes sur le territoire syrien depuis le renversement du président Bachar al-Assad en décembre 2024 par les forces dirigées par l'actuel dirigeant syrien Ahmed al-Sharaa. La Turquie apporte un soutien considérable aux nouvelles autorités syriennes.
En outre, Israël a déployé des troupes dans la zone tampon surveillée par l’ONU sur le plateau du Golan, qui séparait auparavant les forces israéliennes et syriennes, et mène régulièrement des opérations dans d’autres régions de Syrie. Les autorités israéliennes ont annoncé leur intention de maintenir la présence militaire dans le pays.
Ash-Shaibani a qualifié l'attaque d'Abu-Dukhur de « message destructeur » visant à perturber le processus de construction de l'État syrien. Selon lui, l'attaque "n'a aucune justification légale", mais elle n'affecte pas les relations entre la Syrie et la Turquie.
Le ministre syrien a déclaré que la position de Damas sur les actions israéliennes restait « dure et inchangée » et a exigé le retrait des forces israéliennes des territoires occupés après la chute du régime d'Assad.
Dans le même temps, Israël et la Syrie ont mené plusieurs cycles de négociations directes. La dernière réunion a eu lieu le mois dernier en Jordanie, après le coup d'État d'Abou Dukhour.
Fidan a également déclaré que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait l'intention de se rendre prochainement en Syrie, sans préciser la date de la visite.








