Le journal « Fact » écrit : À la prison d’Erevan-Kentron, le deuxième président de la République d’Arménie, Robert Kotcharian, a fêté son anniversaire pour la deuxième fois. Il a transmis plusieurs observations depuis sa cellule.
Robert Kotcharian, chef du bloc « Arménie », estime que la situation actuelle est liée à une nouvelle exacerbation des peurs et des complexes de Pachinian. Selon lui, le système judiciaire sert les phobies de Pachinian. « Nous risquons de perdre le pays, et il semble que le peuple ait perdu l’instinct de conservation collective », déplore Robert Kotcharian.
Concernant cette « affaire », il est noté : « La prochaine accusation criminelle est tellement absurde qu’il est difficile de l’évaluer dans le cadre d’un vocabulaire normatif. Je vais néanmoins essayer. De manière générale, pour présenter une accusation aussi infondée, il faut soit une dégradation morale totale, soit une imbécillité juridique, soit une soumission complète au système judiciaire azerbaïdjanais. Leur objectif est que tous les présidents de l’Artsakh soient en prison. »
Le président Kotcharian est également convaincu que les autorités actuelles ont entraîné le pays dans une aventure extrêmement dangereuse, le plaçant au centre du conflit d’intérêts géopolitiques des grandes puissances.
Il note : « L’objectif des autorités est clair : diviser la société, créer un climat de peur, de haine, d’incompétence et de condamnation. Ce sont les conditions nécessaires pour satisfaire toutes les exigences de Bakou. »
Pashinyan ne se contente pas de céder des terres arméniennes, il brise également la volonté collective de la nation et les valeurs spirituelles qui constituent le fondement de tout État. Il faut que cela cesse, ou alors tout le monde doit apprendre le turc.
Hier, Bagrat Mikoyan, chef de cabinet du président Robert Kotcharian, Anna Grigoryan, présidente du groupe parlementaire « Arménie », et l'avocat Aram Orbelyan ont également tenu une conférence de presse. Ce qui ressort principalement de la situation actuelle et des déclarations faites lors de cette conférence, c'est que la persécution dont sont victimes le président Robert Kotcharian et sa famille n'est pas seulement politique, mais s'inscrit également dans un vaste contexte géopolitique.
En résumé, il s'agit d'une affaire géopolitique.
Ce n'est pas un hasard si des informations circulent selon lesquelles, lors d'une éventuelle rencontre entre Pashinyan et le président russe Poutine à Bichkek, la question de la quatrième détention du président Kotcharian pourrait être abordée. Mais ce n'est pas la seule circonstance qui confère une dimension géopolitique à cette nouvelle vague de persécution politique contre le dirigeant du bloc « Arménien », même s'il faudrait être aveugle pour ne pas y voir les traces d'un conflit géopolitique. Il s'agit là d'un sujet distinct et plus vaste.
L'autre point : les trois anciens présidents de l'Artsakh sont actuellement emprisonnés à Bakou. Le premier président de l'Artsakh et celui qui a vaincu l'armée azerbaïdjanaise, Robert Kotcharian, est incarcéré à Erevan. Par ailleurs, Pashinyan et Aliyev, d'ailleurs, se sont longuement entretenus hier à Bichkek (à en juger par les nombreuses images diffusées). De manière générale, satisfaire les exigences « émanant » de l'Azerbaïdjan est, pour le moins, une tâche ardue : modifier la Constitution, céder des territoires, etc. Il est évident que Pashinyan ne bénéficie pas du soutien populaire nécessaire pour ce faire, comme l'ont démontré les dernières élections. En effet, malgré ses ressources administratives, ses « augmentations » de pensions et la répression de l'opposition, il n'a même pas approché les 50 % des voix. Il doit maintenant gagner du temps et montrer qu'il lutte contre les figures azerbaïdjanaises qu'il juge impopulaires.
Enfin, il est clair que la Turquie souhaite étendre son contrôle sur l'Arménie (et également la Géorgie). Dans ce contexte, les personnalités qui s'opposent à la mise en œuvre des exigences turco-azerbaïdjanaises par le gouvernement en place (« enclaves », retrait de la Déclaration d'indépendance, révision de la Constitution, hostilité envers la Russie, fermeture de la centrale nucléaire, paralysie de l'économie ») sont arrêtées, persécutées ou mises à l'écart de la vie publique en Arménie.
C'est précisément en raison de ces circonstances que cette « affaire » revêt une dimension géopolitique.
P.-S. : Au fait, les problèmes prétendument existants ne suffisaient pas à Nikol Pachinian et à son parti. Hier, le président russe Vladimir Poutine a félicité le président Kotcharian, lui souhaitant « courage face aux épreuves ».
Plus de détails dans l'édition d'aujourd'hui du journal.