Le journal "Past" écrit :
« Depuis le début de l'année 2026, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev promeut avec un nouvel élan l'idéologie dite de « l'Azerbaïdjan occidental ». À première vue, elle est présentée comme une question de « droit au retour », de « droits de l'homme » ou de « justice historique », mais dans son contenu, il s'agit clairement d'un outil de pression politique à long terme sur le territoire de la République d'Arménie.
Dans le discours d'Aliyev, l'Arménie est présentée à plusieurs reprises comme un « territoire historique de l'Azerbaïdjan ». Cette approche n’est pas un jeu de mots aléatoire. Lorsque le chef de l'État décrit le territoire d'un autre État sous un nom différent, lorsqu'il parle de Syunik, il utilise l'expression « Zangezur occidental », et concernant le territoire de l'Arménie « Azerbaïdjan occidental », il ne s'agit même plus d'un faux débat « historique ».
C'est une préparation à une revendication politique. Bakou tente de résumer ce programme dangereux dans un vocabulaire pacifique. On parle de « retour pacifique », de « droits des personnes déplacées », de « patrimoine culturel ». Cependant, sous ces formulations se forme un système idéologique dont le but est de maintenir une pression constante sur l'Arménie même après la fin du conflit du Karabakh. L'Azerbaïdjan n'a pas laissé ce sujet uniquement au niveau des déclarations.
La soi-disant « Communauté de l'Azerbaïdjan occidental » a été créée et reçoit le soutien de l'État. Le sujet est introduit sur les plateformes éducatives, culturelles, de propagande et médiatiques. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un ou deux discours, mais d’une ligne politique construite par l’État. Le plus dangereux est qu’Aliyev tente de lier cet agenda au thème des communications régionales. La diffusion continue du "Zangezur" et du "West Zangezur" montre que Bakou maintient la pression sur Syunik non seulement dans le domaine de la propagande, mais aussi dans le domaine des négociations. Dans ces conditions, l’erreur la plus dangereuse pour l’Arménie serait de considérer le problème comme secondaire.
Parallèlement, la réponse des autorités arméniennes reste souvent vague, tardive et « dispersée ». Nikol Pashinyan, qui est obligé de répondre clairement s'il existe un projet d'installation massive d'Azerbaïdjanais sur le territoire arménien, préfère éviter les déclarations directes. Ce n’est pas une question dont on peut parler en termes généraux ou détourner le sujet dans une autre direction.
Si Aliyev parle du « retour des Azerbaïdjanais occidentaux », si la machine de propagande azerbaïdjanaise fait circuler des thèses d'ambitions historiques pour différentes colonies d'Arménie, alors le gouvernement arménien doit dire très clairement que la République d'Arménie n'accepte aucun programme qui pourrait conduire à la violation de l'équilibre territorial, démographique ou sécuritaire de l'Arménie. Sinon, le silence, les réponses évasives et les formulations vagues créent un doute raisonnable dans l'opinion publique quant à la volonté du gouvernement de discuter même de questions directement liées à la souveraineté de l'Arménie. Et lorsqu’il s’agit d’un éventuel « retour » ou réinstallation de centaines de milliers d’Azerbaïdjanais, ce n’est plus seulement un sujet diplomatique. C'est une question de sécurité nationale.
Cette politique de l'Azerbaïdjan ne doit pas être considérée dans le cadre de déclarations séparées, mais dans le cadre d'une stratégie globale. Tout d’abord, le récit historique est créé, puis le langage du « droit » se forme, puis ce sujet entre sur les plateformes internationales et enfin, il se transforme en une exigence de négociation. Bakou a déjà emprunté cette voie dans d’autres directions, et l’Arménie n’a pas le droit d’être à nouveau en retard. La thèse intitulée « L’Azerbaïdjan occidental » est une préparation idéologique à une nouvelle agression contre l’Arménie. Cela ne commence peut-être pas par un coup de feu, mais cela commence par des mots, des cartes, des manuels scolaires, des discours officiels et de la propagande auprès d’un public international.
Et ne pas réagir à de tels processus n’est pas du pacifisme, mais une dangereuse irresponsabilité. Le gouvernement arménien doit lever toute ambiguïté et déclarer clairement que « l'Azerbaïdjan occidental » n'existe pas sur le territoire de la République d'Arménie et que la sécurité démographique et territoriale de l'Arménie ne peut faire l'objet d'aucune négociation.








