Le quotidien « The Fact » écrit : Ces derniers temps, sur les réseaux sociaux et dans divers médias, on entend fréquemment de nombreuses opinions, critiques et évaluations, objectives ou subjectives, sur le travail du nouveau parlement et de l’opposition parlementaire. Essayons toutefois de nous élever au-dessus des débats passionnés et du brouhaha politique afin de dégager une analyse objective du discours public : que fait réellement l’opposition au sein du nouveau parlement, et quelle est l’efficacité de sa participation aux travaux de l’assemblée législative ? Les dernières élections législatives resteront gravées dans la mémoire des analystes politiques et du public comme une manifestation sans précédent de l’influence du gouvernement et un abus flagrant des ressources administratives.
Le processus électoral a été marqué par tout un ensemble de phénomènes pernicieux, allant des pressions exercées par le pouvoir en place à la mobilisation ouverte de l’appareil d’État, en passant par l’appropriation effective des votes des forces d’opposition, notamment du parti Arménie Prospère, et la dispersion des voix.
Les fraudes électorales enregistrées dans les bureaux de vote, la distribution de primes et de salaires élevés aux hauts fonctionnaires durant la période préélectorale, les dépenses ciblées effectuées sur le budget de l'État et les manipulations agressives menées dans le domaine de l'information ont créé une situation où le gouvernement en place et la nouvelle majorité parlementaire sont contraints de composer avec un grave déficit de légitimité. Cependant, la réalité politique est ce qu'elle est, et c'est dans ce contexte que s'est opéré le changement le plus fondamental. La qualité du travail et le contenu politique du nouveau parlement diffèrent nettement de ceux de la législature précédente. Cette différence significative est devenue flagrante précisément durant la canicule estivale, lorsque la vie parlementaire du mois d'août, considérée comme politiquement « morte » et passive, non seulement ne s'est pas essoufflée, mais a au contraire atteint son paroxysme.
Ceci est principalement dû au style d'action actif, calculé et proactif du principal groupe d'opposition, « Arménie Forte », qui a su transformer en profondeur le discours politique. Contrairement à la précédente législature, où les affrontements politiques atteignaient des sommets de violence, de jets de bouteilles et d'insultes de rue, l'opposition a fait preuve, dans ce nouveau contexte, d'une grande maturité politique.
Malgré certaines tensions naturelles et un climat émotionnel tendu, le principal pôle d'opposition a renoncé aux démonstrations de force et aux provocations orchestrées. Au contraire, les factions d'opposition ont imposé des règles du jeu politique entièrement nouvelles, contraignant les autorités à un débat de fond, raisonné et axé sur un programme précis.
Le résultat de cette nouvelle tactique fut rapidement évident. La majorité au pouvoir, habituée à s'adresser à l'opposition par des menaces, à « régler les problèmes sur le champ », et à brandir le poing, fut prise au dépourvu. Le langage des menaces et le ton belliqueux furent tout simplement neutralisés et devinrent inefficaces, car une opposition sérieuse, préparée et politiquement avisée leur imposa de nouvelles normes. Les autorités furent contraintes de renoncer aux menaces de rue, de modérer leur agressivité et d'entrer progressivement dans une arène parlementaire civilisée. Le plus important ici est la stratégie à long terme adoptée par l'opposition : l'objectif n'est pas de faire de vagues, mais de transformer progressivement le Parlement en un véritable organe législatif, digne d'un État parlementaire.
En utilisant efficacement les leviers que la Constitution réserve à l'opposition – présidences de commissions, postes de direction parlementaire et outils de contrôle –, l'opposition s'efforce d'avoir un réel impact sur la gouvernance du pays et d'en améliorer progressivement la qualité.
Plus de détails dans le numéro d'aujourd'hui du quotidien « Fact ».